Porter Dieu

21 avril 2008 : Porter Dieu
Paroles du jour : Actes 14, 5-18 - Jn 14, 21-26

La question de Jude est une question importante : "Pour quelle raison vas-tu te manifester à nous et non pas au monde" ? Dans cette question vous avez toute la raison d'être de l'Eglise.

Dieu, en son bon vouloir, a choisi de se manifester aux disciples de Jésus Christ et de déposer sa parole dans ces disciples. D'y déposer même sa Présence, puisqu'il est question de la demeure de Dieu dans le disciple. Avez-vous remarqué que c'est toute la Trinité qui est convoquée dans le passage que nous venons de lire ?

Cela veut dire que notre Dieu veut continuer de se révéler au monde de la même manière qu'il l'a fait par l'événement de Jésus Christ. Par Jésus Christ, il a établi sa parole dans un homme. "Et le Verbe s'est fait chair..." Dieu a voulu confier à un homme sa parole de Père.

"Celui qui m'aime, sera aimé de mon Père. Et mon Père viendra à lui. Et mon Père l'aimera." Tout est autour du Père. Et Jésus insiste : "La parole que je vous dis, elle n'est pas de moi… "

Nous disons : "Jésus ! Jésus !" Et Jésus répond : "Le Père ! C'est le Père qui m'a envoyé !" Le Père a tout remis au Fils. Il n'a qu'une parole, le Fils. De sorte que le Fils ne peut que dire : "Maintenant, il s'agit pour vous d'être fidèles à cette parole. C'est ainsi que vous manifesterez que vous m'aimez."

Etre fidèle à la parole du Fils, c'est manifester que l'on aime le Père. Jésus nous demande d'être fidèle en toute circonstance, parce que la parole demeure en nous : "Vous avez reçu mes commandements, donc, ces paroles, restez-y fidèles. Et celui qui m'aime sera aimé de mon Père !" Et plus loin : "Si quelqu'un m'aime, il reste fidèle à ma parole."

Comment peut-on dire qu'on aime Dieu ? Comment peut-on dire qu'on aime Jésus ? En restant fidèle à la parole. Le Père compte sur le Corps de son Fils, il s'appuie sur la chair de l'Eglise pour que sa parole demeure dans le monde. Il veut que sa parole retentisse dans le monde parce que sa parole sauve. Sa parole est une déclaration d'amour permanente. Sa parole pardonne. C'est cela qu'il veut. Et Jésus dit : "Celui qui m'aime, mon Père l'aimera et nous ensemble, nous viendrons chez lui, et nous irons demeurer chez lui". C'est fort. Et tout cela repose sur l'amour et la fidélité. L'amour de la parole et la fidélité à la parole.

Vous comprenez pourquoi il faut progresser constamment dans la connaissance de la parole ? Si nous connaissons peu la parole, nous la ferons peu demeurer dans le monde. C'est déjà bien si elle demeure un peu. Dieu n'est pas un perfectionniste vous le savez bien ! En effet, si on connaît un peu la parole, mais qu'on met en œuvre tout ce qu'on connaît, c'est déjà énorme. Mais plus nous connaissons la parole, plus nous avons l'occasion de la mettre en œuvre dans toutes sortes de circonstances.

Jésus dit encore : "Je vous dis tout cela pendant que je demeure avec vous." Maintenant, nous sommes dans les temps où il ne demeure plus physiquement avec nous. Mais le Défenseur, le Paraclet, l'Esprit Saint, le "Souffleur" - c'est beau le Souffleur, parce que ce mot contient le mot souffle, mais aussi parce qu'au théâtre, le souffleur souffle les paroles qu'il faut dire quand on a un trou de mémoire et qu'on ne sait plus son texte - "le Souffleur, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et il vous fera vous souvenir de tout ce que j'ai dit" (Jean, chap.16). L'Esprit Saint n'a pas d'autre paroles à nous souffler que celles de Jésus…

Ces versets nous montrent l'incroyable dignité de l'Eglise. La dignité de l'Eglise vient de la confiance que le Père lui fait pour que sa parole retentisse le plus possible dans le plus de situations possibles, dans le plus de relations possibles, dans le plus de circonstances possibles. Pour cela, le Père et le Fils sont prêts à se lier à nous en demeurant chez nous. C'est tout de même énorme ! Parce que si le Père et le Fils, dans leur amour réciproque qui est le Saint Esprit, demeurent en nous, cela veut dire que nous portons en nous la Trinité et que nous la transportons partout où nous allons !

Quelle confiance ! Et quelle responsabilité ! Il n'y a pas besoin de porter le Saint Sacrement pour porter Dieu ! On porte Dieu simplement quand on accepte qu'il habite en nous. Le premier tabernacle, le vrai, c'est celui de notre cœur. Ne nous trompons pas.

Alors, en ce temps où approche la Pentecôte, la fête du Saint-Esprit, que pouvons-nous demander ? Nous avons déjà tellement de choses… pourtant il y a vraiment de quoi demander : par exemple de devenir de ces Inspirés qui parlent la parole de Dieu en toute circonstance. On appelle cela, être prophète. Etre ces hommes et ces femmes qui deviennent toujours plus enfants de Dieu et qui tressaillent de joie à l'idée de la joie du Père, quand la parole qu'Il prononce, ils la rendent audible pour les hommes. Combien de fois la parole du Père n'est-elle pas audible par le monde, parce qu'il n'y a pas de bouche pour la proclamer, parce qu'il n'y a pas de vie pour la manifester ! C'est fort.

Jésus nous branche sur l'urgence et sur la nécessité vitale, vitale pour le monde, que la parole du Père, qui est une parole d'amour et de salut, retentisse. Lui, il a tout donné pour cela. Et maintenant il prépare son Eglise : "Comme le Père m'a envoyé, moi aussi, je vous envoie."

Ca y est. Le Père compte sur nous. Il fait de nous ses élus pour que sa parole soit portée au monde. Et le don du Saint Esprit est ordonné à cette mission.

AMEN